La région
La Casamance, Sénégal
Le grenier du Sénégal, entre fleuve, mangrove et rizières
La Casamance — Kasa en diola, Casamança pour les navigateurs portugais — est la région la plus verte du Sénégal. Séparée de Dakar par la Gambie, arrosée par le fleuve qui lui donne son nom, elle a gardé une identité à part : ses bolongs et ses îles, ses rizières, la culture diola, une hospitalité qui fait revenir ceux qui l'ont découverte.
En bref
La Casamance est la région du sud du Sénégal, entre la Gambie et la Guinée-Bissau, le long du fleuve Casamance. Sa ville principale est Ziguinchor. Pays du peuple diola, de la mangrove et des bolongs, elle se découvre de préférence de novembre à mars.
Où se trouve la Casamance : carte et régions
La Casamance occupe le sud du Sénégal. Au nord, la Gambie s'enfonce comme un coin dans le pays et la sépare de Dakar ; au sud, elle borde la Guinée-Bissau ; à l'ouest, elle s'ouvre sur l'océan Atlantique. Le fleuve Casamance la traverse d'est en ouest, passe par Sédhiou puis Ziguinchor, et se jette dans l'océan en formant un immense estuaire de mangroves, de bolongs et d'îles, dont Carabane et Efrane.
Les trois régions de la Casamance
On distingue traditionnellement la Basse, la Moyenne et la Haute-Casamance, de l'océan vers l'intérieur des terres. Elles correspondent aujourd'hui à trois régions administratives.
| Région | Partie | Chef-lieu | Pour le voyageur |
|---|---|---|---|
| Ziguinchor | Basse-Casamance | Ziguinchor | Estuaire, îles, bolongs, Cap Skirring, Oussouye, Elinkine : l'essentiel des séjours |
| Sédhiou | Moyenne-Casamance | Sédhiou | Rives du fleuve, villages et cultures, peu de tourisme |
| Kolda | Haute-Casamance | Kolda | Intérieur des terres, savanes et forêts, pays peul |
Une histoire à part
Le nom de Casamance viendrait de Kasa Mansa, le « roi du Kasa », souverain d'un royaume de la région. Dès le XVe siècle, les navigateurs portugais remontent le fleuve ; ils fondent Ziguinchor, qui restera longtemps une ville de culture portugaise, comme en témoigne encore le créole que l'on y parle.
Au XIXe siècle, la France s'installe sur l'île de Carabane, à l'embouchure du fleuve, qui devient son premier comptoir de la région et la première capitale administrative de la Casamance. À la fin du siècle, Ziguinchor passe à son tour sous administration française et prend le relais comme centre de la région.
La Casamance a aussi ses figures de résistance, comme Aline Sitoé Diatta, femme diola originaire de Kabrousse, opposée aux réquisitions coloniales pendant la Seconde Guerre mondiale, déportée à Tombouctou où elle mourut. Après l'indépendance du Sénégal en 1960, un mouvement indépendantiste apparaît en 1982 ; les affrontements, longtemps sporadiques, sont devenus rares et la région s'est largement rouverte au voyage.
Peuples, langues et cultures
Les Diola — ou Ajamat — sont majoritaires en Basse-Casamance. Leur langue, le joola, compte plusieurs dialectes, dont le fogny, le boulouf et le kasa. Riziculteurs, ils ont façonné le paysage des rizières et conservent une spiritualité animiste vivante, avec ses bois et fromagers sacrés, aux côtés du christianisme et de l'islam. La région d'Oussouye maintient une royauté traditionnelle, figure spirituelle plus que politique.
La Casamance est aussi la terre des Mandingues, des Peuls, particulièrement présents en Haute-Casamance, des Balantes, des Manjaques et des Mancagnes. Cette diversité se retrouve dans les langues entendues au marché — diola, mandingue, peul, wolof, créole — même si le français reste la langue commune des échanges avec les voyageurs.
La meilleure façon de l'approcher : prendre le temps, demander avant de photographier, se laisser guider par les habitants. Loger dans un village, comme à Elinkine, place ces rencontres au cœur du séjour.
Mangroves, bolongs et faune
Plus arrosée que le reste du Sénégal, la Casamance est couverte de forêts, de palmeraies et de rizières. En Basse-Casamance, l'estuaire forme un labyrinthe de bolongs, ces bras de mer bordés de mangrove que l'on parcourt en pirogue et où poussent les huîtres sauvages.
C'est l'une des régions les plus riches du pays en biodiversité. Des dauphins remontent parfois jusqu'à Elinkine, et les vasières attirent hérons, aigrettes, martins-pêcheurs, pélicans et échassiers : la Casamance est une destination de choix pour l'observation des oiseaux. Au sud de l'estuaire, le parc national de Basse-Casamance protège forêts et zones humides ; renseignez-vous sur place sur ses conditions de visite.
Le grenier du Sénégal
Cette générosité se lit dans l'assiette. Fruits : mangues, bananes, avocats, papayes, goyaves, ananas, pomme cajou, corossol, agrumes. Mer et fleuve : huîtres sauvages, langoustes, gambas, barracudas, carpes rouges et noires, thiofs, capitaines, dorades. La pêche reste au cœur de la vie des villages de l'estuaire.
Elinkine et les îles de l'estuaire
Village de pêcheurs sur le fleuve, Elinkine est le point d'embarquement pour les îles de Basse-Casamance. Carrefour fluvial et maritime, il concentre le marché au poisson, la réparation des pirogues et le trafic vers les îles et les bolongs. Le puits d'El Hadj Omar, classé monument historique en 2003, se trouve dans le village.
En face, l'île de Carabane, la plus grande et la plus chargée d'histoire de l'archipel, accueille notre campement Casa Crusoé. Non loin, la petite île d'Efrane, sauvage et préservée, se découvre en pirogue. Parmi les localités voisines : Sifoca, Samatit, Santhiaba Ouolof et Tamani.
Sécurité : voyager sereinement
La Casamance a porté un mouvement indépendantiste à partir de 1982. Les actions armées sont devenues très rares, la population est d'une grande hospitalité, et les zones touristiques de Basse-Casamance — Ziguinchor, Cap Skirring, Oussouye, Elinkine, les îles — se visitent sans difficulté.
Comme pour toute destination, informez-vous avant de partir : consultez les conseils aux voyageurs pour le Sénégal du ministère des Affaires étrangères, suivez leurs recommandations pour les zones frontalières, et appuyez-vous sur les conseils de vos hôtes, qui connaissent le terrain.
Comment venir en Casamance
- Par avion : vols intérieurs depuis Dakar vers Ziguinchor ou Cap Skirring, en une heure environ.
- Par la mer : ferry de nuit entre Dakar et Ziguinchor, départ le soir et arrivée le matin en remontant le fleuve.
- Par la route : en traversant la Gambie, ou en la contournant par l'est ; comptez une longue journée de voyage.
Une fois sur place, la route mène à Elinkine et la pirogue prend le relais vers les îles. Tous les itinéraires sont détaillés dans comment aller en Casamance.
Préparer son séjour
Pour choisir la saison, consultez la meilleure période pour visiter la Casamance ; pour le programme, que faire en Casamance ; pour dormir, notre guide de l'hébergement en Casamance. Et si vous hésitez avec la côte, lisez Casamance ou Cap Skirring. L'ensemble de nos conseils est réuni dans le guide Casamance.
Questions fréquentes sur la Casamance
Où se trouve la Casamance ?
La Casamance est la partie sud du Sénégal, située entre la Gambie au nord et la Guinée-Bissau au sud, et ouverte à l'ouest sur l'océan Atlantique. Elle est traversée d'est en ouest par le fleuve Casamance, qui forme avant de rejoindre l'océan un vaste estuaire de mangroves, de bolongs et d'îles.
Quelle est la capitale de la Casamance ?
Ziguinchor, sur la rive sud du fleuve, est la principale ville de la Casamance et le chef-lieu de la région administrative du même nom. Avant elle, l'île de Carabane, à l'embouchure du fleuve, fut la première capitale administrative de la Casamance.
Quelles sont les régions de la Casamance ?
La Casamance correspond aujourd'hui à trois régions administratives du Sénégal : Ziguinchor à l'ouest (Basse-Casamance), Sédhiou au centre (Moyenne-Casamance) et Kolda à l'est (Haute-Casamance).
Peut-on voyager en Casamance en toute sécurité ?
La région a connu un conflit indépendantiste à partir de 1982, mais les incidents sont devenus rares et les zones touristiques de Basse-Casamance (Ziguinchor, Cap Skirring, Oussouye, Elinkine et les îles) accueillent des voyageurs sans difficulté. Avant de partir, consultez les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères, mis à jour régulièrement, et suivez leurs recommandations, notamment pour les zones frontalières.
Quelles langues parle-t-on en Casamance ?
Le français est la langue officielle et se parle dans tous les lieux touristiques. Au quotidien, on entend surtout le diola (joola) et ses dialectes, mais aussi le mandingue, le peul, le wolof et, à Ziguinchor, le créole à base portugaise.
Pourquoi la Casamance est-elle appelée le grenier du Sénégal ?
Plus arrosée que le reste du pays, la Casamance est très fertile : rizières, mangues, anacardes (noix de cajou), agrumes et produits de la pêche y abondent. Cette abondance lui vaut son surnom de grenier du Sénégal.
Quand partir en Casamance ?
La meilleure période s'étend de novembre à mars, pendant la saison sèche : ciel dégagé, chaleur supportable et toutes les structures ouvertes. L'hivernage, de juin à octobre, est chaud et pluvieux, avec une nature luxuriante et très peu de visiteurs.
Comment aller en Casamance depuis Dakar ?
En avion vers Ziguinchor ou Cap Skirring (environ une heure de vol), en ferry de nuit entre Dakar et Ziguinchor, ou par la route, en traversant la Gambie ou en la contournant par l'est.
Venir découvrir la Casamance
Casa Star à Elinkine ou Casa Crusoé sur l'île de Carabane : deux campements pour vivre la Basse-Casamance de l'intérieur.